Le 10 et 11 décembre dernier, le conseil européen s’est réuni à Bruxelles pour négocier et fixer les quotas pour les pêcheurs professionnels et plaisanciers pour l’année 2024. Ces quotas sont très attendus par les deux parties, car ils conditionnent les revenus des premiers, l’avenir des différentes espèces, mais aussi le plaisir culinaire des seconds. Pour la pêche de loisir, autant dire que l’année 2024 sera marquée par des changements conséquents !

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L’état des stocks
La donnée qui guide les prises de décision en matière de quotas pour les pêcheurs professionnels et les plaisanciers est celui des stocks de poissons enregistrés par les scientifiques et notamment ceux de l’Ifremer et du CIEM.
Ces constats ont conduit les membres de l’Union européenne, sur les 10 dernières années, à limiter les prélèvements de bars, rehausser la taille minimale de capture, mais aussi à mettre en place des périodes de fermeture. Si les dernières études démontrent que les stocks de bars sont en meilleure forme depuis 2 ou 3 ans et que les mesures mises en place portent leurs fruits, nous verrons cependant que les TAC sont toujours en baisse.
Pour le lieu jaune, les dernières études ont démontré un effondrement des stocks et il suffit de passer un peu de temps sur l’eau pour s’en rendre compte très facilement. Suite a ce constat, un moratoire total sur cette espèce avait même été préconisé en juin par le CEIM (Centre International pour l’Exploration des Mers). Ce ne sera pas le cas pour 2024, mais les règles mises en place sont très strictes, tout particulièrement pour les plaisanciers.

Des nouvelles limitations pour le bar
Ainsi, en 2024, au nord du 48ème parallèle, les règles demeurent inchangées et il est toujours autorisé de prélever 2 bars par jour et par pêcheur sauf en février et mars où le catch and release demeure obligatoire. Cette période d’interdiction de prélèvement vaut aussi pour les professionnels qui ont vu leur quota baisser de 20% (au lieu des 31% préconisés) pour 2024 par rapport à cette année.
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Au sud du 48ème parallèle en revanche, les prélèvements sont autorisés toute l’année pour l’ensemble de la communauté, mais les plaisanciers n’ont désormais le droit de prélever un seul bar par jour, l’Union européenne estimant que la pêche récréative du bar a « une incidence considérable sur la biomasse de ce stock et sur sa baisse ».
Une fermeture pour le lieu jaune
Les stocks de lieus s’étant effondré en quelques années, un TAC provisoire sur les 6 premiers mois de l’année à hauteur de 500 tonnes a été mis en place pour les pêcheurs professionnels. Pendant ce temps la pêche récréative de cette espèce sera interdite les 4 premiers mois de l’année, donc du 1er janvier au 30 avril et les plaisanciers pourront ensuite conserver un maximum de 2 lieus jaunes par jour et par pêcheur.

Des incohérences demeurent
En 2024, malgré le fait que l’Ifremer et le CIEM n’aient pas démontré la distinction de deux stocks de bars différents entre le nord et le sud du 48ème parallèle, il existe toujours des règles distinctes pour les pêcheurs de ces deux zones géographiques. Rappelons que cette ligne imaginaire n’existe que sur le plan administratif et constitue une limite des zones de pêche réparties et gérées par différentes instances.
De plus, la pêche professionnelle étant possible sur le Golfe de Gascogne pendant les mois de février et mars, la pression de pêche y sera toujours plus importante car elle verra une migration des pêcheurs de la mer du nord venir y prélever leur quota pendant la fermeture.
Dans ce même esprit d’incohérence, même si l’on peut féliciter la décision de fermer la pêche récréative du lieu pendant 4 mois de l’année et de limiter considérablement les prélèvements sur cette espèce, la première mesure ne porte que sur la pêche de loisir et laisse aux professionnels la possibilité une fois encore de capturer cette espèce en pleine période de reproduction.
Un rebondissement de dernière minute
Début janvier 2024, contre toute attente et toute logique, un énième changement de législation intervient concernant les quotas pour la pêche du lieu jaune. Le règlement européen 2024/257 du 10 janvier 2024 précise que les limitations à 2 lieus jaunes par jour et par pêcheur, ainsi que l’interdiction de capture et de prélèvement entre le 1er janvier et le 1er mai portent sur les zones 8,9 et 10 du CIEM, à savoir les eaux comprises au sud du 48ème parallèle.
La pêche de cette espèce reste alors possible toute l’année et sans limitation au nord de cette fameuse ligne imaginaire.
Alors que de nombreux pêcheurs attendaient une harmonisation entre toute les zones et un ajustement équitable entre la pêche professionnelle et la pêche de loisir, la décision finale ne l’est pas et est de surcroit bien plus défavorable pour la préservation de l’espèce que les mesures précédemment évoquées en décembre…
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