Salmo Trek 2022 : une compétition entre père et fils et un résultat inespéré !

La Salmo Trek est un nouveau format de compétition à part. Il mêle randonnée en montagne sur trois jours et pêche des salmonidés en altitude. Trois spéciales chronométrées rythment la marche et apportent des points bonus tandis qu’il faut choisir la bonne stratégie pour cumuler le plus de millimètres de salmonidés pour bien se classer.

Lors de la première édition, j’avais fait équipe avec Thomas VOGELS (Chef produit ILLEX) pour cette aventure. Nous avions une stratégie longuement murie et avions finalement eu la réussite de terminer sur la deuxième marche du podium. Cette année, le challenge est tout autre. Mon binôme de choc n’est malheureusement pas apte à faire cette compétition à cause d’un problème de dos. C’est un déchirement tant nous avions préparé cette aventure qui hantait nos nuits depuis de longs mois ! Ce forfait intervient en plus assez tardivement et il me faut me retourner rapidement pour espérer prendre de nouveau part à la compétition. Je décide donc, après consultation auprès de ma femme, de faire équipe avec Marc, mon fils, âgé d’à peine 8 ans. Michel POLYDOR qui organise l’évènement me donne son aval.

En route pour l’aventure !

Nous faisons route de Corse, non pas à deux, mais à 4 puisque nous sommes accompagnés de mes amis Stella et Kevin qui ont décidé eux aussi de se lancer dans l’aventure. Nous arrivons le jeudi soir à Saint Lary Soulan pour rejoindre une grande partie de la Team ILLEX. C’est le moment de préparer les sacs de randonnée et les derniers montages, bas de ligne, d’écraser les ardillons… Heureusement, ma femme avait tout préparé en ce qui concerne mon fils afin d’être sûre de ne rien oublier qui risquerait de compromettre nos chances de terminer cette compétition.

Juste avant le départ, au-dessus des nuages au col de Portet.

Jour 1 : le dépassement de soi

Le vendredi, nous nous levons aux aurores pour monter au col de Portet pour le départ de l’épreuve. L’ambiance et bon enfant et énormément de personnes sont surprises de me voir avec un si jeune compétiteur. Après un petit déjeuner et un briefing complets, il est temps de partir.

Le départ est donné et nous partons assez vite avec Marc pour réaliser l’ambitieux programme de papa, à savoir réaliser au moins 25 kilomètres dans la journée pour 1500m de dénivelé positif.

Pour économiser le jeune Marc, je le porte autant que mes forces me le permettent. Nous réalisons donc la première spéciale sans rougir de notre performance, puis partons en direction du lointain lac de Cap de Long. La marche est compliquée, mon sac est lourd et Marc se dépasse pour atteindre les objectifs. Arrivée à Cap de Long, nous pêchons un peu, mangeons et faisons une pause. Mais le lac est immense, la pêche délicate à trouver et nous ne nous attardons pas. Marc et moi repartons pour gagner le lac de l’Oule. Si le dénivelé n’est pas extrême, la distance est quant à elle relativement longue et difficile à encaisser.

Arrivé à l’Oule, je demande à Marc s’il a encore un peu d’énergie pour monter à Bastan. En ce qui me concerne, je suis à plat. Marc me répond par l’affirmative et nous voilà partis pour le Bivouac de Bastan. Au final, je ne pense pas avoir autant puisé dans mes ressources à aucun autre moment de ma vie. J’alterne entre porter Marc et porter son petit sac… Nous parvenons finalement à Bastan, à notre plus grande joie.

Il reste environ 1h avant la fin du temps de marche et de pêche. Nous pêchons pour le coup du soir pour tenter de capturer un poisson et valider les deux spéciales avalées dans la journée. Ce dernier effort sera vain. En plus de ne pas avoir de touche, il faut que je réfléchisse à adapter notre stratégie car les acquis de l’an dernier ne fonctionnent pas cette année.

bivouac à Bastan

Jour 2 : les premières fario

La nuit est courte mais réparatrice. Je décide volontairement de ne pas faire le coup du matin compte tenu des résultats de la veille. Je change même de plan pour pêcher rapidement de petites pièces d’eau et tenter de trouver rapidement des poissons. Dans la matinée, nous capturons 3 truites farios. Nous avons en ligne de mire le quota “omble chevalier” (limite de 10 poissons) mais je suis confiant sur cette espèce que nous avions réussi à cerner l’an dernier. La pêche est très difficile par rapport à l’année précédente. Les moucheurs s’en tirent remarquablement bien pour la plupart et je trouve un semblant de stratégie en me raccrochant à des pêches au leurre souple à gratter.

Un bel omble bien maillé !

A l’opposé de la pêche qui s’était montrée productive en 2021 (casting jig, ondulante et poissons nageurs) ! Le soir, nous arrivons à Port-Bielh pour tenter le quota “omble chevalier”. Celui-ci ne sera finalement qu’une formalité. Marc pêche ses premiers ombles chevaliers et en capture même 4 maillés ! Il décroche au Tricoroll Ryushin 53 SHW une belle fario qui nous aurait fait du bien… Aucun poisson n’est gratuit pour nous. Il faut vraiment qu’on s’applique pour parvenir à en rentrer. Aucun pic d’activité synonyme de prises multiples… Dur.

Dernier coup du soir à Port-Bielh.

Jour 3 : un doublé père et fils

La nuit à Port-bielh est une nouvelle fois courte. Il faut se lever pour le dernier jour de compétition et tenter de terminer cette aventure. Nos organismes sont soumis à rude épreuve et finalement c’est le petit Marc qui semble le mieux supporter l’effort. On repart pour valider les dernières balises qui valident notre parcours puis tentons notre chance sur un petit lac où nous voyons des gobages. Je parviens difficilement à capturer une fario maillée. Je vais pour la mesurer quand j’entends mon fils Marc s’écrier « poisson ! ». Je prends l’épuisette avec mon poisson encore dedans et saisis le tout. Les deux poissons sont là. Je suis super heureux ! Marc s’applique du haut de ses 7 ans quasiment révolus et ça paye ! Remotivé, nous insistons encore jusqu’au dernier moment et je parviens à capturer deux dernières farios.

Une jolie fario maillée qui fait du bien !

La délivrance

Il est maintenant temps de rentrer et de finir par la dernière spéciale. Je n’ai pas encore regardé le classement mais je pense qu’on est au moins dans le top 20 avec notre quota “omble” et nos 7 truites farios. La dernière spéciale est éprouvante, Marc est à bout de souffle et trouve un peu de réconfort à la vue de quelques marmottes. Nous apercevons les commissaires puis le col. Marc a un coup de boost et déroule, ça y est, nous terminons cette épreuve. Je suis en larmes, fatigué, submergé par l’émotion !

Un résultat inespéré

Finalement, nous terminons à une inespérée 7ème place sur 65 équipes au départ. C’est d’autant plus satisfaisant que nous n’avons vraiment pas eu de coup de chance sur la pêche ni de poisson facile et que nous finissons tout de même sur un score honorable. Marc termine avec quatre ombles chevaliers et une fario maillée ! Ça aussi c’était inespéré vu son jeune âge et la difficulté de la pêche.

C’était un moment unique et tous les participants, bénévoles, organisateurs ont été extraordinaires. Toujours un mot d’encouragement, de bienveillance ou simplement un sourire et cela nous a permis d’aller au bout.

Duo père & fils !

Au final, c’est de nouveau l’énorme binôme CABAR/FAVARD qui s’impose. Un immense bravo à eux. Ils sont suivis des sympathiques et excellents moucheurs SCODAVOLPE/GOS avec qui nous avons échangé quelques mots tout là-haut. Enfin, ce sont mes amis Stella AZARA-MARIANI et Kevin GUENIOT qui bouclent le podium de cette édition. C’est fantastique ! Nos amis SEGUIN/FALCO terminent quatrième après un très beau début de compétition.

Une aventure extrême pour nous qui laissera assurément une marque indélébile… et qui nous donne déjà envie d’y être l’année prochaine…