Choisir son ensemble canne / moulinet pour pêcher le thon rouge au leurre

combat avec un thon rouge. pêcheur debout
Les combats avec les thons rouges peuvent être longs et violents. Le pêcheur doit avoir une confiance totale dans son matériel et notamment la canne et le moulinet. Comment faire le bon choix pour ne pas connaitre de déconvenues ?
S'équiper convenablement est un gage de réussite de votre sortie. Le prix conséquent du matériel implique d'effectuer le bon choix afin de pas regretter et d'éviter certaines déconvenues. Cet article a pour but de vous aiguiller dans votre choix de canne et moulinet.
La pêche du thon rouge au leurre en Bretagne
  1. La réglementation de la pêche de loisir du thon rouge en France
  2. Choisir son ensemble canne / moulinet pour pêcher le thon rouge au leurre

Investir dans un moulinet et une canne pour pratiquer la pêche du thon rouge au leurre ne se fait pas sur un coup de tête. Ce matériel ayant un coût important, il est nécessaire d’y réfléchir en amont. Ici, nous parlons de pêche au leurre qui se pratique lorsque les thons sont en chasse et viennent transpercer la surface faisant monter le palpitant des pêcheurs. Cette technique s’oppose à celle dite “au vif” consistant à capturer le poisson à l’aide d’un appât vivant et à la pêche du thon au broumé. Nous verrons les contraintes et le cahier des charges pour la pêche au leurre et tenterons de vous aiguiller afin de réaliser le bon investissement.

Les contraintes de la pêche du thon rouge au leurre

Cette technique se pratique sur des chasses actives et consiste à atteindre le cœur de celles-ci en s’approchant le plus près possible. Les leurres utilisés, que nous détaillerons dans un prochain article, sont des poppers, stickbaits ou leurres souples entre 70 et 150 grammes.

Les chasses s’abordent à plusieurs dizaines de mètres. Il est donc nécessaire de disposer d’une canne dont la distance de lancer est l’une des principales caractéristiques.

Cette pêche permet de se mesurer au plus puissant des poissons que l’on trouve sur nos côtes. Les plus gros spécimens dépassent les 250 kilos et mènent des combats de plusieurs heures mettant à rude épreuve le matériel. L’ensemble canne / moulinet devra être sélectionné de telle façon que les combats durent le moins longtemps possible et fonction du physique du pêcheur. Ceci dit, le moins longtemps un combat dure, meilleures sont les conditions lorsque vous relâchez votre valeureux adversaire.

Le choix de la canne

Nous l’avons évoqué précédemment, votre canne devra être capable de propulser des leurres compris entre 70 et 150 grammes. Elle devra aussi pouvoir mener des combats longs et résister au rush violent des poissons. Une action assez ronde est un avantage pour soulager le dos du pêcheur.
Toute la difficulté réside dans le compromis entre la longueur maximale de celle-ci, pour lancer loin, et ne pas avoir de bras de levier trop long. Cela aura pour effet de rendre plus compliqués les combats et de faire mal au pêcheur.

pêcheur avec canne dans les mains en train de combattre un thon rouge.
Selon l’action de la canne il sera plus ou moins facile de pêcher canne haute et d’employer un baudrier. Pour votre choix, il faudra tenir compte de cela.

Une canne de 2,20 à 2,30m est ce qui se fait de plus courant pour se confronter aux plus gros thons rouges. Cette longueur, passe partout, permettra aux pêcheurs de lancer convenablement et surtout de pouvoir gérer les combats aisément. Une canne trop longue permet certes de lancer plus loin mais est un encore inconvénient en combat. Vous aurez l’impression de forcer sans impact sur le poisson.

Si la distance de lancer vous paraît faible, il faudra sûrement ajuster votre tresse. Le choix de celle-ci, que nous aborderons ultérieurement, influe énormément sur les performances du lancer. Autre point, la technique de lancer ! En la travaillant un peu, vous gagnerez quelques précieux mètres.


Face à de tels poissons, ne choisissez pas de canne en dessous de 130 lbs. À titre personnel, j’opte pour une canne d’une puissance réelle de 150 lb voire plus.

Du frein et de la fluidité pour le moulinet !

Les contraintes subies par celui-ci sont extrêmement fortes. Les caractéristiques techniques devront permettre de disposer d’une réserve de tresse suffisante et d’offrir un frein fluide même lorsque l’on atteint les 15 à 20 kilos. Plus le temps va passer et plus la tension sur la tresse sera forte. Celle-ci aura inévitablement tendance à vriller. C’est particulièrement dans cette situation qu’un frein fluide vous évitera une déconvenue et limitera les risques de casse lors d’un rush mal maîtrisé.

Les tailles les plus adaptées sont comprises entre 18000 et 25000. Il est possible d’employer un modèle en 30000 mais souvent bien plus lourd même si l’avantage est de pouvoir garnir le moulinet de beaucoup plus de tresse.


Le poids est également à prendre en compte mais ce paramètre est ici un peu moins important. Étant donné que vous péchez uniquement sur chasse, vous n’aurez pas continuellement l’ensemble en main. Malgré tout, un moulinet léger reste un vrai confort, indéniablement.

Faire le bon choix

A fortiori, associer toutes les qualités requises se ressent sur le prix. Les pêcheurs auront le choix entre 2 options :

  • Investir dans un moulinet de milieu de gamme avec un prix compris entre 200 et 350 euros environ. En faisant ce choix, le pêcheur doit être conscient que ce moulinet aura du mal à enchaîner de nombreux poissons et la mécanique subira les combats au fil des années. Ceci dit, j’ai effectué mes 2 premières saisons avec un moulinet de moyenne gamme, en l’occurrence un Shimano Saragosa 20000. Celui-ci m’a permis de combattre une bonne vingtaine de poissons. La faiblesse s’est fait ressentir dans le réglage du frein qui, dès lors qu’il devient important, est beaucoup moins fluide.
moulinet sur canne à pêche avec poisson en combat
Le Shimano Saragosa est un modèle que l’on retrouve régulièrement lors du premier investissement. Son prix est abordable et mine de rien , il fait le job comme on dit, même s’il ne sera pas durable sur le long terme.
  • La seconde option est d’investir dans un modèle très haut de gamme tels que le Shimano Stella ou le Daiwa Saltiga. Ces 2 modèles phares se partagent le marché des moulinets très haut de gamme en spinning. Ici, le budget est tout autre et dépasse les 1000 €. En revanche la fluidité du frein est remarquable et ce, même en atteignant les 20 kilos. Cette mécanique est extrêmement robuste et vous pouvez sereinement enchaîner les prises.
  • La troisième option est d’investir dans un modèle haut de gamme, le petit frère du Daiwa Saltiga prénommé Certate SW. Ce modèle est à mi-chemin entre le luxe des deux modèles précédemment cités et l’option « a minima » que constitue le Shimano Saragosa. Présenté à 779€ pour le modèle 18000H, il est l’option « raisonnable » à privilégier lorsqu’on veut investir pour le long terme en économisant plus de 300€ par rapport aux deux stars.
Moulinet shimano stella monté sur canne à pêche
Les moulinets haut de gamme vous apporteront un confort et une sérénité lors des combats. Le frein, principal centre d’attention restera fluide, même lorsque celui-ci sera élevé.

Pensez tout de même à renvoyer votre moulinet en SAV après chaque saison ou toutes les 2 saisons en fonction du nombre de prises pour lui assurer un entretien régulier, gage de longévité.

D’autres éléments comme la tresse, le shock leader, les anneaux brisés et émerillons pour ne citer que cela, sont nécessaires pour compléter votre matériel et ainsi attaquer la saison de pêche du thon au leurre. Nous aborderons tous ces points et bien d’autres dans l’article suivant.